La dyslexie est une différence d’apprentissage spécifique qui peut toucher à la fois les enfants et les adultes et entraîner des difficultés en lecture, en orthographe et en mathématiques. Il est important que les parents et les enseignants comprennent que la dyslexie n’affecte pas l’intellect. Il s’agit plutôt d’une façon différente de traiter le langage dans le cerveau.

Souvent, les enfants dyslexiques ont du mal à diviser les mots en leurs composantes sonores. Pour les enfants qui apprennent à lire et à écrire, cela entraîne de la frustration et de mauvaises performances dans les activités impliquant des compétences en lecture et en écriture, l’école en est le parfait exemple. La lecture étant obligatoire dans tout le programme scolaire, les élèves peuvent rapidement prendre du retard par rapport à leurs camarades du même âge et perdre confiance en eux en classe.

C’est pourquoi il est important de reconnaître les symptômes très tôt afin que les enfants puissent avoir accès à des stratégies d’adaptation et à des aménagements appropriés qui peuvent les aider à réaliser leur plein potentiel à l’école.

La dyslexie est-elle si simple à diagnostiquer ?

Premièrement, il convient de modifier le vocabulaire utilisé : on diagnostique une maladie, et non un handicap. Or la dyslexie provenant des gêne, elle n’est en aucun cas une maladie.

Ensuite, ce qui rend la dyslexie particulièrement difficile à identifier pour les éducateurs, c’est qu’elle se présente sous de nombreuses formes et qu’il n’y a pas deux enfants qui présentent le même ensemble ou la même gravité de symptômes.

En outre, de nombreux traits caractéristiques sont communs aux enfants qui ne sont pas dyslexiques mais qui en sont aux premiers stades de l’apprentissage de la lecture. C’est pourquoi, si vous pensez que la dyslexie entraîne des difficultés en classe, il est préférable d’adopter une approche de diagnostic en plusieurs étapes.

Première étape

Commencez par rechercher les signes et symptômes courants associés à la dyslexie et prenez des notes sur ce que vous avez observé. Comment les capacités de travail et de lecture de l’enfant se comparent-elles à celles de ses pairs du même âge et leurs performances fluctuent-elles d’un jour à l’autre ou d’une semaine à l’autre ?

Deuxième étape

Ensuite, apprenez à connaître votre enfant. Que pense-il du travail scolaire ? Est-il frustré ? Aime-t’il lire et écrire ? Que se passe-t-il à la maison qui pourrait avoir un impact sur sa capacité à se concentrer pendant la journée scolaire ? A-t’il des frères ou des sœurs qui sont dyslexiques ? La dyslexie est un handicap héréditaire qui se manifeste dans les familles. Le fait d’avoir un frère ou une sœur ou un parent dyslexique peut donc augmenter le risque que l’enfant soit dyslexique lui aussi.

Étape 3

Enfin, envisagez de fournir une batterie de tests de diagnostic qui mesurent le QI d’un enfant, sa capacité à manipuler les sons, ses capacités de décodage et de traitement, et sa capacité de production. Lorsque les élèves sont d’une intelligence moyenne ou supérieure à la moyenne, mais qu’ils ne sont pas capables de le démontrer en lecture et en écriture, une certaine forme de dyslexie peut être présente. Il en va de même pour les élèves motivés qui aiment apprendre par le biais d’activités qui impliquent de parler et d’écouter, mais qui perdent leur confiance en eux lorsqu’ils sont confrontés à des tâches basées sur la lecture et l’écriture. Quel que soit votre choix, sachez qu’il est toujours important d’expliquer ce qu’est la dyslexie à votre enfant.

Qu’est-ce que la dyslexie ?

Il existe plusieurs types de dyslexie, mais tous ont pour origine une différence dans la façon dont le cerveau traite l’information. Les personnes atteintes de dyslexie phonologique ont du mal à faire correspondre les sons aux lettres et à entendre les phonèmes qui composent les mots. La dyslexie perceptuelle est associée à des difficultés à reconnaître les mots en lecture, tandis que la dyslexie visuelle rend difficile le traitement et la rétention des images.

Les élèves peuvent également être confrontés à la dyslexie mathématique (dyscalculie) ou à la dyslexie spatiale et il est possible qu’un enfant ait plus d’une difficulté d’apprentissage. Par exemple, la dyslexie et la dyspraxie peuvent s’ajouter, tout comme la dyslexie et le TDAH.

En plus des capacités de lecture et d’écriture, la dyslexie peut également avoir un impact sur la mémoire, la planification et les capacités d’organisation. Lorsqu’elle n’est pas diagnostiquée, les enfants risquent de développer une faible estime de soi et une attitude négative envers l’école et l’apprentissage. Ils peuvent ne pas faire leurs devoirs ou refuser de participer aux activités de la classe, et le passage à l’acte est fréquent.

Quels sont les signes de dyslexie chez les enfants ?

Difficulté à manipuler les sons dans les mots.

La conscience phonologique est l’une des principales compétences de pré-alphabétisation requises pour la lecture, car elle aide les enfants à décomposer la langue parlée en sons qui peuvent ensuite être associés aux lettres de l’alphabet. Si un enfant d’âge préscolaire a des difficultés avec les rimes ou les chansons comme au clair de la lune, il peut avoir besoin d’un entraînement phonétique supplémentaire pour l’aider à remarquer et à identifier les sons et les motifs sonores qui composent les mots. La conscience phonémique englobe également la capacité à mélanger les sons pour créer de nouveaux mots.

Hésitation à lire à haute voix, seul ou en groupe.

Sonder les mots est l’une des premières étapes de la lecture précoce. Les lecteurs débutants lisent généralement à voix haute, même lorsqu’ils sont seuls, en sondant chaque mot jusqu’à ce qu’ils atteignent un stade où les mots familiers sont reconnus plus rapidement et peuvent être lus à vue. Si vous pensez qu’un enfant est dyslexique, il est préférable de ne pas lui demander de lire à voix haute, à moins qu’il ne se porte volontaire. En effet, les élèves dyslexiques ont généralement du mal à décoder et peuvent éprouver une grande gêne et une grande anxiété lorsqu’ils sont censés lire devant d’autres personnes.

Mauvaise orthographe et incohérence.

Les élèves dyslexiques ont souvent des problèmes d’orthographe pour les mêmes raisons que celles qui les empêchent de décoder. L’orthographe exige des enfants qu’ils identifient les sons des mots pour pouvoir ensuite les traduire en lettres et en combinaisons de lettres. Cette tâche est rendue encore plus difficile en français et en anglais en raison du nombre élevé d’homophones (mots qui ont la même sonorité mais sont orthographiés différemment) et de l’absence de correspondance son-lettre.

La principale chose à rechercher chez les élèves dyslexiques est une approche incohérente de l’orthographe. Ils peuvent épeler un mot d’une manière différente un jour et un autre le lendemain. Ils feront aussi généralement des fautes d’orthographe avec des mots à haute fréquence et les fautes d’orthographe persisteront même si leurs camarades du même âge commencent à développer leurs compétences et font moins de fautes d’écriture.

Inverser les formes des lettres, inverser les combinaisons de lettres et écrire en majuscules.

De nombreux enfants dyslexiques ont des difficultés avec les lettres qui contiennent les mêmes formes, par exemple un b minuscule est une version inversée d’un d minuscule. Bien que ce comportement soit courant chez les enfants qui apprennent à écrire en inversant les lettres, lorsqu’il persiste en deuxième et troisième année, la dyslexie peut être en cause.

Il est également utile de se pencher sur les types de fautes d’orthographe que font les enfants. L’inversion des lettres et la lutte contre les voyelles sont plus souvent associées à la dyslexie. Les enseignants peuvent également constater que les élèves dyslexiques préfèrent écrire en toutes lettres.

Écriture désordonnée et mauvaise ponctuation.

Traduire des idées en langage et relire ses propres écrits peuvent être des activités cognitivement épuisantes pour un élève dyslexique. Il peut rester très peu de capacité mentale pour traiter les éléments plus superficiels de l’écriture, comme la production de lettres bien formées et le respect des conventions de ponctuation.

Difficultés de concentration pendant la lecture et faible compréhension.

Pour les élèves dyslexiques, il est souvent plus difficile d’obtenir que les significations associées aux mots restent suffisamment longtemps en place pour donner un sens à un morceau de texte. Cela résulte d’un manque d’automaticité dans le décodage et du poids cognitif de la tâche de lecture. Les mots peuvent également être ignorés et l’anxiété liée à la lecture peut contribuer à une mauvaise compréhension et à une incapacité à rester concentré.

Difficulté à lire certaines polices de caractères.

Tout comme il est plus facile pour les élèves dyslexiques de confondre des lettres de même forme, ils peuvent aussi être distraits visuellement par des enjolivement et autres embellissements ajoutés aux mots écrits dans des polices à empattements (les polices avec serif dans les police sur écran). C’est pourquoi certains enseignants préfèrent écrire en Arial ou dans d’autres polices sans empattement, afin que chaque élève trouve le texte imprimé également accessible. Il existe également une police de caractère appelée Dyslexie conçue pour aider les enfants dys, mais son efficacité n’est pas prouvée scientifiquement.

Des compétences en écriture qui ne correspondent pas à la capacité d’expression orale. Les enseignants constateront que les enfants qui souffrent de dyslexie utilisent généralement un vocabulaire plus limité dans les exercices d’écriture qu’ils ne sont capables de produire à l’oral. Ils peuvent aussi être assez brillants, engagés et pleins d’idées, mais incapables de les écrire. Leurs compositions peuvent être difficiles à suivre et il peut y avoir un évitement général de la lecture libre et des devoirs qui exigent des réponses écrites.

Quels sont les points forts des enfants dys ?

Outre les difficultés d’alphabétisation, la dyslexie présente de nombreux points forts, notamment la capacité créative et la capacité à penser de façon originale. Les dyslexiques sont souvent considérés comme d’excellents résolveurs de problèmes, capables de rassembler des idées provenant de domaines très différents et de faire le lien entre les informations d’une manière unique et exceptionnelle.

Certaines personnes atteintes de dyslexie sont aussi particulièrement douées pour le raisonnement et les mathématiques de haut niveau et il est possible que les enfants soient à la fois doués en mathématiques et dyslexiques.

Pour que les enseignants puissent encourager les élèves à célébrer leurs points forts, il peut être utile de leur fournir des modèles sous la forme de personnes célèbres qui ont la dyslexie (quelques exemples ici). Vous pouvez envisager de présenter à la fois des personnages historiques et des célébrités actuelles qui ont surmonté les défis posés par leur dyslexie et ont su exploiter leurs points forts pour réussir.

Prochaines étapes et soutien en matière de lecture

Après un diagnostic

Il existe de nombreuses stratégies qui peuvent aider un enfant dyslexique à améliorer ses compétences en lecture et en orthographe. L’approche multisensorielle de l’enseignement de la lecture en est une, tout comme l’apprentissage de la phonétique et l’exposition répétée à des mots visuels.

Certains élèves dyslexiques réussissent bien dans les classes ordinaires grâce à des aménagements personnalisés ou au soutien d’un tuteur privé, tandis que d’autres peuvent bénéficier d’un parcours spécifique à la dyslexie. Tout dépend de la gravité de la dyslexie et de l’interruption de l’apprentissage qu’elle entraîne.

Ressources supplémentaires

Outre les différentes aides et aménagements que peut recevoir un enfant dys à l’école, il existe différents objets pouvant aider l’enfant à surmonter son trouble de l’apprentissage. Par exemple, il a été des développé des stylos de lecture reconnaissant les lettres sur papier et les transformant en sons dans l’oreille de l’enfant. Il existe également des lampes spéciales pour aider à la lecture, mais relativement chères.

Enfin, il existe une formation spécialement conçues pour les parents d’enfants dys. SequoiaEducation propose sur par le biais du site francedyslexia une formation permettant aux parents d’aider leur enfants à comprendre son handicap et progresser avec lui. La formation en 9 vidéos donne également plusieurs exercices et clés pour mettre en place un programme à la maison performant.

Qu’en est-il des adultes ou adolescents dyslexiques ?

Les élèves plus âgés et les adultes atteints de dyslexie peuvent avoir développé des stratégies d’adaptation pour les aider à s’en sortir à l’école. Néanmoins, ils peuvent toujours cacher une honte ou une gêne secrète lorsqu’il s’agit de lire et d’écrire. Certains adolescents atteints de dyslexie non traitée quittent l’école prématurément et peuvent choisir un parcours professionnel qui ne nécessite pas de s’appuyer sur des compétences en lecture et en écriture.

Néanmoins, les adultes atteints de dyslexie non diagnostiquée peuvent souffrir de dépression et d’un manque de confiance en soi qui les prive de possibilités d’avancement professionnel ou de formation continue.